11/07/2026

Médias et décolonisation : des voix qui s’élèvent, des récits qui se renforcent - 11 juillet 2026

Le 11 juillet 2026, une conférence internationale intitulée « Médias et décolonisation : des voix qui s’élèvent, des récits qui se renforcent » s’est tenue à Bakou, sous l’organisation du Groupe d’Initiative de Bakou. Cette conférence a constitué la première plateforme de ce type organisée en Azerbaïdjan avec la participation de représentants des médias issus des territoires colonisés et s’est déroulée sous une forme interactive entre des journalistes de ces territoires et des représentants des médias locaux.

La conférence a réuni des dirigeants d’organes de presse et des représentants des médias issus d’anciens et d’actuels territoires colonisés, des journalistes, des commentateurs politiques, des représentants d’organisations de la diaspora, des experts des médias et de la communication, des représentants d’institutions de la société civile, des chercheurs, des diplomates, des représentants d’organismes publics et des représentants des médias locaux.

Lors de la conférence, le rôle des médias dans le renforcement, au sein de l’espace international de l’information, de la voix des peuples et des minorités ethniques soumis à l’exploitation néocoloniale et vivant sous le joug colonial, ainsi que les défis à relever, ont été examinés. Une attention particulière a été accordée à la couverture, dans les médias internationaux, de réalités coloniales longtemps maintenues dans l’ombre – l’exploitation économique des territoires, le pillage des ressources naturelles, l’effacement de l’identité culturelle, la discrimination systémique, les répressions contre les peuples autochtones, ainsi que, dans les cas de Kanaky (Nouvelle-Calédonie) et de Bonaire, la politique visant à modifier délibérément la composition démographique de la population locale par l’installation de populations venues de l’extérieur.

Dans le cadre de la conférence, des échanges de vues ont porté sur la levée du blocus informationnel artificiel imposé dans les territoires colonisés, l’application d’outils avancés d’intelligence artificielle dans la lutte contre la désinformation et les Fake News fausses informations, la création d’un réseau international de coordination entre les journalistes et les organes de presse, ainsi que le renforcement de la coopération entre les organisations médiatiques internationales et les journalistes locaux.

Les discussions ont particulièrement souligné que, dans les processus de décolonisation, les médias ne sont pas seulement un moyen de transmission de l’information, mais aussi un mécanisme de pression internationale sur ceux qui mènent des politiques coloniales. Dans ce contexte, des initiatives pratiques ont été examinées en vue de documenter les crimes coloniaux, de dévoiler les récits coloniaux, de vérifier la politique officielle d’information des États colonisateurs au moyen d’enquêtes fondées sur des faits, de porter la position des peuples autochtones à la connaissance du public international, de suivre les violations des droits de l’homme, de maintenir constamment à l’ordre du jour mondial les questions de justice environnementale, notamment les conséquences du pesticide chlordécone en Guadeloupe et en Martinique, de promouvoir les demandes de réparations, ainsi que de constituer des réseaux internationaux de solidarité et de coopération entre les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme et les institutions de la société civile actifs en Kanaky, à Ma’ohi, en Guadeloupe, en Martinique, à Bonaire, à Saint-Martin et dans d’autres territoires colonisés.

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